LES CABINES DE GOUVILLE



(Gouville-sur-mer, France, 23 novembre 2019)
Je ne suis pas revenu ici depuis près de 15 ans. C'est le coin de Normandie où je passais mes vacances sur la plage lorsque j'étais enfant.
En passant devant la vitrine du photographe coutainvillais, je découvre les cabines de Gouville, devenues une "carte postale du coin" depuis que leurs toits de tôle rivalisent de couleurs. Je ne les avais jamais remarqué et je n'ai pas même souvenir d'en avoir jamais entendu parler. Elles sont pourtant là depuis un siècle ! 
Ces petits cabanons en bois ont une histoire. A l'arrivée des touristes et de la mode des bains de mer, dans les années 1920, le seul hôtel de l'époque était tenu par M. et Mme Marie. L'hôtelier offrait à ses clients la possibilité de se rendre à la plage en carriole tirée par un cheval et de se changer dans une petite cabine afin de pouvoir apprécier les bienfaits vivifiants de la mer. Plus tard, il construira un local annexe appelé « Le Bouais Jan », où les vacanciers pouvaient s'abriter et prendre leur repas.
C'est ainsi que d'autres cabines s'établissent peu à peu dans les dunes. Avant 1939, une dizaine de cabines sont disséminées dans la dune. Elles disparaissent en 1940 pendant l'occupation allemande et sont reconstruites après la Libération, de plus en plus nombreuses et bientôt colorées. Propriétés privées, elles permettent d'y ranger matériel et jeux de plage ou de pêche à pied. Menacées un temps par la loi littoral, les cabines de plages de Gouville sont inscrites au patrimoine gouvillais; aujourd'hui au nombre de soixante-dix, elles sont soumises à un règlement dans le cadre du PLU de Gouville-sur-Mer et il est interdit d'en bâtir de nouvelles. (source : Wikimanche.fr)



 Je décide de m'y rendre peu avant le coucher de soleil en esperant avoir une meilleure lumière en ce jour très gris de novembre !
Une fois sur place et après avoir tourné autour de ces cabines, je ne tiens pas ma photo ! La lumière n'est pas au rendez-vous, l'inspiration non plus.
J'ai beau prendre du recul sur la dune qui surplombe les cabines, tourner autour, varier les cadrages et les focales, je monte un 28, un 50 puis un 135mm, rien n'y fait !
Tant pis, je reviendrai un autre jour avec une autre lumière.
Alors que je me décide à lever le camp, j'aperçois deux personnes près des cabines, ma première réflexion est alors :

"Avec deux touristes dans mon cadre, ma photo est foutue !
Raison de plus pour laisser tomber !".


Alors que je remballe, je vois le couple se faire face et s'embrasser. Je suis trop cours au 50mm, le temps de saisir le 135 dans mon sac et de le monter sur mon Leica, je déclenche 8 fois et le couple disparait.
J'ai ma photo ! 

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